Le management par la peur 

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Le management par la peur consiste à gérer des collaborateurs par la terreur et la tyrannie. Les salariés sont des pions et font partie d’un jeu funèbre où la rentabilité déshumanise tout rapport humain. L’objectif attendu consiste à obtenir des salariés, une parfaite obéissance. Il n’est pas question de laisser aux salariés, la possibilité de contester les consignes qu’ils reçoivent ni même qu’ils les commentent un tant soit peu. Obnubilés par les résultats, les salariés sont uniquement intéressés par leurs objectifs et n’entretiennent avec leurs collègues aucune relation particulière. La peur d’être mal vu, mal jugé ou mal évalué prend nécessairement le dessus.

Les adeptes de cette façon de manager, appliquent les différentes méthodes pour augmenter la production et gérer les ressources, on trouvera ci-après leur façon de faire :

  • Le stress permanent
  • Les menaces (sanctions, représailles…)
  • Diviser les équipes pour mieux régner
  • Lancer des rumeurs, par exemple, la réduction des effectifs ou fermetures des sites
  • Le harcèlement organisationnel
  • Des réunions disciplinaires à répétition non fondées
  • Traquer les activités des salariés
  • Dévaloriser les collaborateurs

Du point de vue des résultats, les conséquences d’un type de management basé sur la peur sont positives, du moins en ce qui concerne le bilan immédiat. Les résultats sont en effet très rapides, et l’autosatisfaction est de mise pour l’entreprise qui applique cette stratégie de management. Dans la pratique, c’est le stress et/ou la pression intense qui maintient le travailleur dans une condition optimale propice à la réussite de sa mission. Les priorités sont dès lors maintenues, car le salarié est motivé par la crainte d’une menace ou d’une sanction tout comme il est dirigé par l’appât du gain, c’est-à-dire la promesse d’une récompense.

Malgré ses avantages, les inconvénients d’une forme de management par la peur sont pourtant nombreux et, finalement, ils s’avèrent davantage dévastateurs pour une entreprise. En effet, sur le court terme, cette stratégie de gestion permet de constater des résultats en hausse. Mais, c’est du côté du manager que les conséquences vont peu à peu commencer à apparaître. En maintenant une pression intense sur ses collaborateurs, celui-ci va effectivement s’isoler par rapport au reste du groupe. Dès lors, un climat propice à l’apparition de conflits va s’instaurer entre le manager et l’entité qu’il dirige. La portée d’un tel contexte est résolument négative pour l’entreprise, car des processus essentiels à l’organisation vont finir par se paralyser. Sur le long terme, cette atmosphère délétère engendre des conséquences comme le départ de certains salariés, la baisse d’implication et le manque d’engagement, ou encore la perte de motivation. In fine, le management par la peur est tout simplement inefficace si le manager désire instaurer une politique tournée vers le long terme.

Un adepte de la terreur a généralement une faible estime. Il manque d’assurance. Il a peur des autres, de l’initiative, de la créativité, du changement. Toute expertise, qu’il devrait appeler de ses vœux pour compléter la sienne, est rejetée pour ne pas lui faire ombrage. Seule son image compte, son prestige et sa gloire. Mieux vaut, pour lui, faire illusion qu’avouer une faiblesse. Paranoïaque en puissance, il n’accorde pas sa confiance et ne sait pas déléguer. Il s’attache aux détails, aux petits fonctionnements, au court terme, au lieu de se consacrer avec vision à la stratégie et au pilotage de ses équipes. La dévalorisation psychologique est son arme consciente ou inconsciente. Malgré cela, trop souvent, ses résultats, ou plutôt ceux de son équipe, lui permettent de durer, toute en flirtant avec l’intolérable au plus grand mépris de l’humain et de son entrepris.

Non, j’en suis convaincu, il n’est pas possible de bien manager par la terreur !